La migration : un nœud gordien qui commence à se défaire

Essais - 23 juillet 2026

Tags:

Il y a quatre ans, la question de l’immigration semblait constituer un problème insoluble à Chypre, avec une augmentation des arrivées clandestines et une multiplication des demandes d’asile. Cette situation est devenue insupportable pour les gouvernements successifs, tout en suscitant de vives réactions au sein de l’opinion publique.

Pendant plusieurs années, la question des migrations est restée un défi complexe en raison des flux migratoires irréguliers non maîtrisés et du faible taux de retours.

À mesure que la situation au Moyen-Orient au sens large se détériorait, le flux de personnes vers les pays méditerranéens s’est également intensifié. Chypre figurait parmi les pays qui ont dû supporter un lourd fardeau en raison de l’afflux continu de migrants. Ce qui semblait encore récemment impossible à résoudre a également alimenté d’importantes tensions sociales.

Un facteur qui a encore compliqué la situation était le fait que de nombreux migrants entrant illégalement à Chypre traversaient la « ligne verte » à divers endroits.

Ces dernières années, toutefois, on a constaté une baisse du nombre d’arrivées de migrants en situation irrégulière en République de Chypre, ainsi qu’une diminution du nombre total de demandes d’asile.

Plus précisément, selon les chiffres présentés par le vice-ministre chargé des Migrations et de la Protection internationale, Nicholas A. Ioannides, à la Chambre des représentants et devant sa commission parlementaire des affaires intérieures, les arrivées irrégulières à Chypre ont diminué de 86 % au cours des trois dernières années, tandis que le nombre de titulaires d’un titre de séjour légal s’élève à 200 000 et que celui des bénéficiaires d’une protection internationale est de 30 000.

Il a également souligné qu’il y a deux ans, on comptait 24 000 demandes d’asile en attente, alors que ce chiffre est désormais tombé à moins de 13 500.

Il a par ailleurs indiqué qu’en 2025, 12 029 départs au total avaient été enregistrés, ce qui correspond à un rapport arrivées/départs de 1 pour 5. Au cours du premier semestre 2026, les arrivées irrégulières ont diminué de 92 % par rapport à 2022.

Il convient également de noter que, depuis 2023, environ 35 000 ressortissants de pays tiers ont quitté Chypre.

Le vice-ministre a par ailleurs souligné que, en collaboration avec le Parlement, la loi sur les réfugiés avait été modifiée afin que le statut de protection subsidiaire puisse être révoqué en cas de comportement criminel ou délinquant de la part de ressortissants étrangers, conformément aux critères établis par le droit international et européen.

Qu’en est-il de l’infrastructure d’accueil ?

En ce qui concerne les infrastructures d’accueil, le vice-ministre a déclaré que le centre de premier accueil de Pournara avait été entièrement modernisé grâce à un financement à 100 % de l’Union européenne.

Il a également souligné que le centre d’hébergement de Limnes (d’une capacité de 1 000 personnes) et le centre de rétention avant renvoi (d’une capacité de 800 personnes) ont été renforcés, ce qui a permis de multiplier par six la capacité de la République de Chypre à procéder à des retours.

La question des ressortissants syriens

Compte tenu de l’augmentation des flux migratoires, la question des ressortissants syriens revêt une importance particulière pour Chypre, car ils ont constitué, et continuent de constituer, le groupe le plus important de ressortissants de pays tiers sur le territoire.

À ce sujet, M. Ioannides a indiqué que plus de 5 200 Syriens avaient retiré leur demande d’asile ou renoncé à leur statut de protection subsidiaire, la majorité d’entre eux étant retournés volontairement en Syrie.

Parallèlement, près de 2 000 demandes d’asile déposées par des ressortissants syriens ont été rejetées.

Le programme révisé de retour volontaire assisté pour les familles rentrant en Syrie, prévu pour 2026, joue également un rôle important dans cette démarche. Dans le cadre de ce programme, un membre de la famille est autorisé à rester à Chypre et à y travailler pendant deux ans, tandis que les autres membres de la famille doivent retirer leur demande d’asile, renoncer à leur statut de protection et retourner en Syrie.

Ce que révèlent les données concernant les demandeurs d’asile

L’analyse des chiffres relatifs aux demandeurs d’asile à Chypre fait apparaître une baisse significative depuis 2022.

Le nombre de demandes d’asile déposées à Chypre au cours des dernières années se présente comme suit :

  • 2019 : 12 724
  • 2020 : 7 094
  • 2021 : 13 235
  • 2022 : 21 565
  • 2023 : 11 617
  • 2024 : 6 769
  • 2025 : 2 835

En ce qui concerne la nationalité des demandeurs d’asile en 2025, les Syriens constituaient le groupe le plus important, avec 915 demandeurs.

Ils ont été suivis par :

  • Inde : 69
  • Nigéria : 108
  • Yémen : 66
  • République démocratique du Congo : 88
  • Iran : 229
  • Irak : 100
  • Soudan : 239
  • Somalie : 276
  • Afghanistan : 261
  • Autres nationalités : 484

 

Tags: