L’Italie et la mise en œuvre du PNRR : résultats, réformes et investissements menant à la dixième tranche

Politique - 8 octobre 2026
Editorial acknowledgment:

Le 23 septembre, le comité de pilotage du Plan national de relance et de résilience (PNRR) s’est réuni à Rome à une étape particulièrement importante de la mise en œuvre du programme européen destiné à soutenir la relance économique et la transformation structurelle de l’Italie. La réunion a été consacrée à l’examen du huitième rapport sur l’état d’avancement de la mise en œuvre du Plan et à la vérification de la réalisation des 156 objectifs liés à la demande de versement de la dixième et dernière tranche, d’un montant total de 28,4 milliards d’euros. Cette réunion revêt une importance institutionnelle particulière, car elle se déroule au cours de la phase finale d’un processus caractérisé par un lien étroit entre l’obtention de résultats concrets, le respect des délais convenus avec les institutions européennes et le déblocage des ressources financières du programme. Le Comité de pilotage — convoqué et présidé par le ministre des Affaires européennes, du PNRR, et de la politique de cohésion, Tommaso Foti — a réuni les ministres et sous-secrétaires concernés, ainsi que des représentants de l’Association nationale des communes italiennes (ANCI), de l’Union des provinces italiennes (UPI) et de la Conférence des régions et des provinces autonomes. La composition de cet organe met en évidence la nature nécessairement multi-niveaux de la mise en œuvre du PNRR, qui a nécessité l’implication coordonnée des instances gouvernementales centrales et des collectivités locales. Dans ce contexte, le passage à la dixième tranche représente l’aboutissement de l’ensemble du processus de mise en œuvre. Selon les données présentées par le ministre Foti, la réalisation des objectifs liés à cette dernière demande de paiement permet d’achever l’ensemble des 576 étapes et objectifs initialement prévus par le PNRR. Ce résultat doit être considéré non seulement en termes d’ampleur financière du programme, mais également au regard du volume et de la diversité des interventions mises en œuvre. En effet, les dépenses — hors instruments financiers — ont dépassé 133 milliards d’euros, ce qui souligne l’importance des ressources mobilisées au cours de la mise en œuvre du Plan. Toutefois, l’évaluation des résultats obtenus ne saurait se limiter à la seule capacité à utiliser les ressources disponibles. La particularité du PNRR réside dans le lien entre financement, réformes et investissements, selon un modèle dans lequel le versement des fonds européens était subordonné à la réalisation d’objectifs et d’étapes prédéfinis. L’Italie a donc dû opérer dans un cadre européen caractérisé par des délais stricts, des examens périodiques et des conditions spécifiques, en traduisant ces contraintes en actions concrètes au niveau national. En ce sens, le versement de la dernière tranche représente également l’aboutissement d’efforts administratifs et institutionnels complexes visant à garantir l’alignement entre les engagements pris au niveau européen et leur mise en œuvre effective. L’étendue des domaines concernés met également en évidence l’importance structurelle du Plan. Les mesures ont porté sur des secteurs essentiels à la modernisation du pays — allant des soins de santé et des infrastructures à la transition écologique, en passant par la numérisation, l’éducation et la recherche, ainsi que la culture, l’emploi et les politiques d’inclusion sociale. Ces domaines ont été complétés par des initiatives visant à réformer l’administration publique, le système judiciaire, les procédures de passation des marchés publics, ainsi que les politiques en matière de concurrence et de simplification réglementaire. Le PNRR s’impose ainsi comme un programme alliant des interventions locales immédiatement visibles à des transformations réglementaires et administratives destinées à produire des effets durables. La phase finale revêt donc une importance qui dépasse la simple formalisation de la dernière demande de paiement. En effet, les investissements réalisés et les réformes mises en œuvre sont appelés à avoir un impact bien au-delà de la conclusion formelle du PNRR, en influençant la qualité des services publics, la compétitivité du système économique, la modernisation des infrastructures et la capacité du pays à faire face aux transformations économiques, technologiques et sociales des années à venir. Dans ce contexte, la réunion du comité de pilotage du 23 septembre marque une étape particulièrement importante : d’une part, elle confirme les progrès accomplis vers la conclusion du programme et la demande de la dixième tranche ; d’autre part, elle permet d’évaluer la portée globale du travail réalisé par les institutions italiennes dans la mise en œuvre d’un programme européen d’une ampleur sans précédent. La réalisation des 576 objectifs représente ainsi non seulement l’achèvement d’une série d’étapes procédurales, mais aussi le résultat d’un processus de transformation impliquant les administrations publiques, les collectivités locales et les secteurs stratégiques de l’économie et de la société italiennes.

RÉFORMES STRUCTURELLES

Une part importante des objectifs atteints concerne les réformes visant à renforcer l’efficacité administrative et la compétitivité du système économique italien. Parmi les mesures mises en œuvre figurent des initiatives relatives à l’administration publique et au système judiciaire, ainsi que des réformes en matière de concurrence et de simplification réglementaire. Le champ d’application englobe également des mesures portant sur les incitations en faveur des entreprises et le système des marchés publics, ainsi que des actions dans les domaines de l’éducation et de la recherche. Dans le cadre du Plan, la mise en œuvre de ces réformes constitue un élément essentiel — venant compléter les investissements concrets —, car elle vise à garantir la pérennité à long terme de l’impact généré par les ressources mobilisées.

SANTÉ, MOBILITÉ ET INFRASTRUCTURES

Les investissements dans le secteur de la santé ont été particulièrement importants. Au total, 1 270 centres de santé communautaires et 327 hôpitaux communautaires ont été créés ; par ailleurs, plus de 6 000 nouveaux lits de soins intensifs et semi-intensifs ont été mis en place, et environ 3 200 équipements médicaux majeurs ont été installés. Les dossiers médicaux électroniques ont été alimentés avec plus de 99 % des documents cliniques numérisés, et les services de télémédecine ont permis de prodiguer des soins à plus de 566 000 personnes. En matière de mobilité, environ 1 700 kilomètres de pistes cyclables ont été aménagés, quelque 4 000 kilomètres de voies ferrées ont été modernisés et 73 gares ont été rénovées. Par ailleurs, plus de 3 200 bus zéro émission ont été immatriculés dans le cadre d’initiatives visant à moderniser les transports et à favoriser la transition écologique.

ÉDUCATION, FORMATION ET INFRASTRUCTURES SCOLAIRES

Le PNRR a également donné lieu à d’importantes initiatives au sein du système éducatif. Plus de 153 000 places ont été créées dans les crèches et les écoles maternelles, tandis que plus de 1 100 cantines et 360 gymnases ont été construits ou rénovés. Au total, 176 écoles ont été démolies puis reconstruites, et 1 600 établissements scolaires ont été mis en conformité avec les normes de sécurité structurelle. Parallèlement, les inscriptions dans les instituts techniques supérieurs ont dépassé les 40 000, et plus de 60 000 nouvelles places en résidence universitaire ont été garanties, dont la moitié (30 000) sera financée par un instrument financier dédié.

TRANSFORMATION NUMÉRIQUE DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE

La numérisation constitue un autre pilier stratégique. 83 % des établissements scolaires et des communes ont modernisé leurs sites web et leurs services numériques, tandis que plus de 2,5 millions de citoyens ont participé à des programmes de formation aux compétences numériques. Au total, 284 organismes de l’administration centrale et plus de 12 000 institutions publiques ont migré vers des infrastructures cloud sécurisées. Les efforts de numérisation se sont également étendus à environ 3 millions d’adresses postales. Par ailleurs, près de 20 000 établissements scolaires et établissements de santé ont été raccordés à des réseaux de fibre optique ultra-rapides, et la couverture 5G s’étend désormais sur une superficie de 23 000 kilomètres carrés.

CULTURE, EMPLOI ET INCLUSION SOCIALE

Les interventions ont également porté sur le patrimoine culturel et les politiques sociales. Au total, 674 sites culturels ont été rendus accessibles et 4 200 biens mis en valeur ; par ailleurs, 21 villages ont fait l’objet d’un réaménagement, avec environ 3 300 projets menés à bien dans de petits villages. Ces efforts ont été complétés par quelque 730 projets visant à renforcer la sécurité sismique et à protéger les œuvres d’art dans les lieux de culte. Dans le secteur de l’emploi, plus de 882 000 personnes ont participé aux parcours proposés par le programme GOL, et plus de 270 agences pour l’emploi ont été modernisées. En matière d’inclusion sociale, environ 3 200 personnes en situation de handicap se sont engagées sur la voie de l’autonomie, et plus de 12 000 personnes sans domicile fixe ont bénéficié de services d’accompagnement et de mesures de lutte contre la pauvreté. Par ailleurs, plus de 1 500 pharmacies rurales ont été modernisées, et des travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique ont été financés pour environ 2 000 immeubles de logements sociaux.

ACHÈVEMENT DU PROCESSUS ET RÔLE DES MESURES NATIONALES

La phase finale du PNRR se poursuit avec la remise du huitième rapport au Parlement et la présentation, le 30 septembre, de la demande de versement de la dixième et dernière tranche. Le franchissement de cette étape importante est le fruit d’un processus de mise en œuvre complexe au cours duquel le gouvernement italien a agi dans le respect des objectifs, des délais et des conditions fixés par les institutions européennes, en traduisant ses engagements en un ensemble cohérent de réformes et d’investissements à l’échelle nationale. Dans cette perspective, la réalisation des 576 objectifs fixés dans le Plan souligne l’importance du travail accompli par les administrations italiennes pour respecter un système d’objectifs et d’étapes définis au niveau européen et indissociables du déblocage des fonds. L’action du gouvernement a nécessité une coordination entre les autorités centrales, les collectivités locales et les services techniques, visant à garantir le respect des délais et la mise en œuvre concrète des mesures prévues. Le résultat revêt ainsi une double dimension : d’une part, le respect des engagements pris par l’Italie dans le cadre du PNRR européen ; d’autre part, la concrétisation de ces engagements sous forme d’infrastructures, de services, de réformes et d’investissements destinés à avoir un impact sur le tissu économique et social du pays. En ce sens, le versement de la dernière tranche ne représente pas seulement la conclusion administrative du programme, mais aussi l’aboutissement d’un processus au cours duquel le gouvernement italien a agi dans un cadre européen prédéfini tout en garantissant simultanément la mise en œuvre concrète des mesures au niveau national. En effet, les initiatives menées dans les secteurs de la santé, de la numérisation, des infrastructures, de l’éducation, de la transition écologique, de la culture, de l’emploi et de l’inclusion sociale constituent la concrétisation opérationnelle des objectifs convenus dans le cadre du Plan. L’importance du travail accompli réside donc dans la capacité à mener à bien un programme caractérisé par une complexité institutionnelle et financière considérable, tout en maintenant un lien entre les engagements pris envers l’Union européenne et les besoins de modernisation du système national. Bien que la clôture officielle du PNRR coïncide avec la réalisation des objectifs et la demande de versement de la dernière tranche, les effets des réformes et des investissements mis en œuvre sont appelés à perdurer, avec des répercussions sur la capacité administrative, la compétitivité et la cohésion économique et sociale de l’Italie.