Bruxelles insiste pour que Maria Corina Machado et Edmundo González Urrutia soient au cœur du processus
À la suite des événements politiques dramatiques survenus au Venezuela, l’Union européenne a clairement indiqué que toute transition vers la démocratie dans ce pays d’Amérique du Sud en proie à une crise doit inclure les principales figures de l’opposition, en particulier la lauréate du prix Nobel de la paix Maria Corina Machado et le chef de l’opposition Edmundo González Urrutia. Cette position, exprimée par le porte-parole de la Commission européenne lors d’une récente conférence de presse à Bruxelles, souligne l’engagement de l’UE en faveur des principes démocratiques et du respect de la volonté du peuple vénézuélien.
La position de l’UE reflète une profonde inquiétude quant à l’avenir politique du Venezuela à la suite de l’éviction controversée du président Nicolás Maduro et de l’incertitude entourant la direction du pays. Plutôt que d’approuver des plans de transition externes qui excluent les acteurs démocratiques de base, Bruxelles affirme que le processus doit être ancré dans les voix et les choix des Vénézuéliens eux-mêmes. Au cœur de cet argument se trouvent Machado, un vétéran de l’opposition et défenseur des droits démocratiques, et González Urrutia, largement reconnu par l’UE comme le vainqueur légitime de l’élection présidentielle contestée de 2024.
L’ascension de Maria Corina Machado sur la scène internationale n’est pas seulement due à son leadership au sein du mouvement démocratique vénézuélien, mais aussi à la reconnaissance mondiale de ses efforts. Elle a reçu le prix Nobel de la paix 2025 pour « son travail inlassable en faveur des droits démocratiques du peuple vénézuélien et pour sa lutte en faveur d’une transition juste et pacifique de la dictature à la démocratie ».
En outre, M. Machado et M. González Urrutia ont tous deux reçu le prestigieux prix Sakharov pour la liberté de l’esprit décerné par l’UE en 2024, soulignant ainsi le soutien de longue date des institutions européennes à leur cause.
Lors du briefing de la Commission européenne, la porte-parole Anitta Hipper a souligné que « les prochaines étapes envisagent un dialogue vers une transition démocratique qui doit inclure Edmundo González Urrutia et María Corina Machado ». Elle a fait remarquer que les deux dirigeants ont « lutté sans relâche pour la démocratie et les droits de l’homme au Venezuela » et qu’ils ont joué un rôle central dans le mouvement 2024 qui a mobilisé des millions de Vénézuéliens pour qu’ils exercent leur droit de vote pacifiquement.
Cette position de l’UE s’inscrit dans le cadre d’un débat international plus large sur la meilleure façon de répondre aux bouleversements politiques au Venezuela. Ces derniers jours, les États-Unis ont mené une opération très médiatisée qui a abouti à la capture de M. Maduro, une action qui a suscité à la fois le soutien et la critique des dirigeants mondiaux. Certains pays européens ont mis en garde contre les interventions militaires unilatérales, soulignant l’importance de respecter le droit international et les processus pacifiques guidés par le peuple vénézuélien.
Dans ce contexte, l’insistance de l’UE sur l’inclusion est un message clair à tous les acteurs extérieurs : une transition démocratique légitime ne peut être réalisée en mettant à l’écart les dirigeants mêmes qui ont gagné le soutien de la base à l’intérieur du Venezuela. La position européenne rejette les propositions visant à centrer la transition sur des personnalités perçues comme n’ayant pas une large légitimité démocratique, et plaide au contraire pour un processus qui honore les choix des électeurs vénézuéliens et respecte les normes juridiques et les droits de l’homme.
Edmundo González Urrutia, reconnu par le Parlement européen comme le président légitimement élu du Venezuela, représente cette volonté démocratique. Sa campagne pour les élections de 2024, dans laquelle Machado a joué un rôle de premier plan avant de se voir interdire de se présenter, a été perçue par de nombreux Vénézuéliens et observateurs internationaux comme une puissante expression du désir de changement. Bien que les résultats officiels aient déclaré Maduro vainqueur, l’UE et d’autres organismes internationaux ont remis en question l’intégrité de ce résultat.
Maria Corina Machado, pour sa part, reste un symbole influent de la lutte démocratique au Venezuela. Son prix Nobel de la paix attire l’attention de la communauté internationale sur son combat de longue date pour les droits de l’homme et la liberté politique. Selon l’UE, sa participation continue aux discussions futures sur la gouvernance du Venezuela est essentielle non seulement pour la légitimité, mais aussi pour l’unité des citoyens qui souhaitent une transition pacifique.
Le message de l’UE rappelle également les priorités plus larges de la politique étrangère de l’Union : défendre les valeurs démocratiques, soutenir les droits de l’homme et veiller à ce que les interventions internationales n’affaiblissent pas l’action locale. En se faisant le champion d’une transition incluant à la fois Machado et González Urrutia, Bruxelles vise à soutenir un processus ancré dans les aspirations réelles des Vénézuéliens plutôt qu’imposé de l’extérieur.
Alors que le Venezuela se trouve à un tournant critique de son évolution politique, l’appel à l’inclusion lancé par l’UE réaffirme l’importance de la légitimité démocratique et de l’État de droit. Pour de nombreux Vénézuéliens qui ont enduré des années d’instabilité politique et de difficultés économiques, la présence de dirigeants comme Maria Corina Machado et Edmundo González Urrutia dans tout dialogue de transition reste une lueur d’espoir pour un avenir défini par la liberté et la gouvernance démocratique.