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ECR au Texas : Mission du président Morawiecki

Politique - janvier 13, 2026

Le Texas n’est pas seulement un État américain charnière : il est le deuxième État économique des États-Unis et, en 2024, son PIB atteindra environ 2,77 billions de dollars, soit une échelle comparable à celle d’un grand pays européen. C’est dans ce contexte que Mateusz Morawiecki, président duParti européen des conservateurs et réformateurs (ECR) et ancien Premier ministre de Pologne, a effectué au Texas une mission structurée comme une séquence d’engagements ciblés visant à resserrer les liens transatlantiques et à explorer une coopération pratique sur trois fronts stratégiques : la sécurité énergétique, l’innovation et l’enseignement supérieur/la recherche.

Le postulat politique de ce voyage était simple : dans une phase définie par la concurrence systémique et l’instabilité géopolitique, la résilience économique dépend de la disponibilité de l’énergie, de chaînes d’approvisionnement robustes, de la technologie et du capital humain. La visite au Texas a été organisée en conséquence, non pas comme une étape cérémoniale, mais comme une série de réunions destinées à mettre en évidence des thèmes concrets, des interlocuteurs opérationnels et des canaux de suivi.

Houston, première plaque tournante : conversations sur l’énergie, l’industrie et la politique

La première étape de M. Morawiecki a été Houston, où l’ordre du jour combinait le dialogue institutionnel et les contacts avec les écosystèmes commerciaux et politiques, conformément au rôle de Houston comme l’une des principales plates-formes énergétiques et industrielles du monde.

Le volet « énergie » de la mission s’articule autour d’un ensemble de priorités qui concernent directement l’Europe : la diversification, la sécurité de l’approvisionnement et l’impact industriel de la politique énergétique sur la compétitivité. La logique sous-jacente est familière aux économies européennes : si l’énergie n’est pas fiable ou structurellement chère, les pressions de désindustrialisation s’intensifient, les chaînes d’approvisionnement deviennent fragiles et l’autonomie stratégique reste théorique.

Baker Institute (Rice University) : « fireside chat » avec l’ambassadeur David M. Satterfield

L’un des principaux moments publics de la mission s’est déroulé au Baker Institute for Public Policy de l’université Rice, où M. Morawiecki a participé à une discussion au coin du feu avec l’ambassadeur David M. Satterfield. M. Satterfield est directeur de l’Institut Baker et titulaire de la chaire Janice et Robert McNair de politique publique. Il a mené une longue carrière diplomatique qui l’a amené à occuper des postes de haut niveau au sein du gouvernement américain et à être ambassadeur.

La discussion a permis d’établir un lien entre les dossiers « difficiles » de l’énergie et de l’économie et le dossier « stratégique » de la relation transatlantique : comment l’Europe et les États-Unis peuvent-ils relever ensemble les défis de la sécurité mondiale, renforcer la résilience économique et soutenir l’objectif d’une paix juste et durable en Ukraine. Dans la structure du voyage, cette étape a servi de cadre politique : l’énergie et l’innovation ne sont pas des secteurs isolés, mais des composantes d’une architecture plus large de la stabilité occidentale.

PolChamTX : Morawiecki, invité d’honneur au banquet annuel de la communauté d’affaires polono-américaine

Un autre rendez-vous très visible à Houston a été la participation de M. Morawiecki en tant qu’orateur principal au banquet annuel de la PolChamTX (Chambre de commerce américano-polonaise du Texas), qui s’est tenu le 4 décembre 2025 à la Junior League de Houston. Sur le plan politique, cette étape est importante pour deux raisons. Tout d’abord, elle relie la diplomatie et l’économie par le biais de réseaux qui font réellement avancer les projets de commerce, d’investissement et de coopération. Deuxièmement, elle souligne le rôle de l’Europe centrale dans l’élaboration de l’avenir de l’Europe et dans le renforcement de la conversation transatlantique par le biais de perspectives plurielles – un accent explicitement associé au message du voyage.

Texas A&M University : éducation, leadership, responsabilité civique

Depuis Houston, l’itinéraire de M. Morawiecki comprenait également une réunion à l’université Texas A&M, décrite comme une plateforme de dialogue sur l’éducation, le leadership et la responsabilité civique, mettant l’accent sur la préparation d’une nouvelle génération capable de naviguer dans la complexité.

Le point essentiel est stratégique : à une époque où la compétitivité est de plus en plus déterminée par la recherche appliquée, la capacité de la main-d’œuvre et la capacité d’innovation, les universités et les écosystèmes de recherche font office d’infrastructure nationale. Dans la logique de la mission, il s’agit du pilier « capital humain », qui relie la coopération transatlantique non seulement à l’énergie et à l’investissement, mais aussi aux compétences, à la formation et à la culture du leadership.

Austin : l’écosystème technologique et le défi de l’innovation

Le deuxième pôle texan du voyage était Austin, largement considéré comme un centre technologique à forte croissance. Les réunions de M. Morawiecki se sont concentrées sur l’écosystème de l’innovation – entrepreneurs, réseaux de startups et interlocuteurs orientés vers l’investissement – dans le but d’explorer les possibilités de coopération et de créer des canaux qui pourraient bénéficier aux acteurs européens cherchant à s’implanter dans un environnement à croissance rapide.

Pour l’Europe, le sous-texte politique est immédiat : combler les écarts en matière d’innovation n’est pas seulement une question d’excellence de la recherche ; cela nécessite une capacité de mise à l’échelle, un capital patient, une clarté réglementaire et l’attraction de talents. Une projection transatlantique structurée peut servir de levier pour accélérer cette dynamique, en particulier dans les secteurs où la technologie, les chaînes d’approvisionnement et la sécurité se chevauchent de plus en plus.

Les signaux de déclenchement : des contacts à la continuité

La mission est axée sur la continuité. Des voyages comme celui-ci n’ont d’importance que s’ils sont suivis d’effets : un dialogue soutenu avec les acteurs du secteur de l’énergie, des canaux reproductibles entre les réseaux d’innovation européens et texans, et des cadres de coopération universitaire tangibles qui dépassent le cadre d’une seule visite.

À Houston et à Austin, le voyage de M. Morawiecki a projeté un récit ECR ancré sur trois priorités : l’énergie comme pilier de la sécurité et de la production, l’innovation comme condition de la compétitivité et l’éducation comme infrastructure à long terme de la force nationale. Le message répété tout au long de la visite était explicite : une Europe confiante, ancrée dans la coopération transatlantique, est présentée comme essentielle à la stabilité mondiale et à la prospérité partagée.