fbpx

Et si l’interdiction des médias sociaux pour les enfants était un plus grand mal ?

Juridique - février 26, 2026

Que se passera-t-il réellement si, dans la plupart des pays européens, les enfants se voient interdire l’utilisation des médias sociaux ? Comprendront-ils vraiment à quel point l’utilisation excessive des médias sociaux est néfaste ? Ou bien cela les rendra-t-il encore plus désireux d’accéder à ce qu’ils ne sont plus autorisés à faire ? Qu’en est-il des parents ? Deviendront-ils plus responsables lorsqu’il s’agit des problèmes et des préoccupations de leurs enfants ? Ou les rendront-ils encore plus distants ? Qu’en est-il des libertés fondamentales ? Seront-elles mieux protégées par une interdiction aussi sévère ? Ou bien la surveillance sociale s’étendra-t-elle encore davantage, avec un appareil d’État surveillant chaque mouvement sur les médias sociaux et fonctionnant comme un Big Brother arbitraire et omnipotent ?

Il ne fait aucun doute que les médias sociaux ont un impact profond sur la vie quotidienne et le comportement de nos enfants. Cet univers, extrêmement complexe et dynamique, aux règles en constante évolution, à la fois excitant et dangereux, absorbe, captive et subjugue les enfants dès leur plus jeune âge. De leur réveil à leur coucher, les appareils mobiles et les médias sociaux font partie de ce qui est devenu leur routine quotidienne. Que nous le voulions ou non, c’est la nouvelle « normalité ».

Toute personne rationnelle, des parents aux enseignants et aux thérapeutes, dira la même chose : l’utilisation excessive de ces plateformes sociales, comme c’est le cas aujourd’hui, provoque une dépendance et affecte le développement cognitif, la concentration, le fonctionnement social, l’interaction avec les parents, les amis et les camarades de classe, le repos physique, en fait, presque toutes les activités quotidiennes. Ignorer ou feindre de ne pas comprendre les effets destructeurs potentiels n’est pas moins dangereux que les effets eux-mêmes. Que peut-on donc faire ?

Il est sans doute nécessaire de discuter de ce danger et des méthodes nécessaires pour sauver les enfants de l'(auto)destruction dans la sphère publique. D’autre part, de manière presque coordonnée, un nombre croissant de pays européens annoncent des mesures législatives visant à bloquer l’accès des enfants à ces plateformes sociales, ce qui ne semble pas faire l’objet du même consensus.

L’intention d’interdire les médias sociaux aux enfants en dessous d’un certain âge a suscité l’indignation. Pourquoi cette levée de boucliers, alors qu’il existe un consensus quasi universel sur les risques importants de l’hyper-socialisation dans l’environnement numérique ? Pourquoi ce manque de confiance dans une mesure qui devrait assurer la protection de la santé des enfants ?

Depuis plusieurs semaines, mais surtout depuis le vote à l’Assemblée nationale française de l’interdiction des médias sociaux aux moins de 15 ans, la question explose au niveau européen. Cela ne devrait surprendre personne. Au contraire, le sujet va continuer à prendre de l’ampleur.

L’Allemagne est le dernier pays en date à annoncer qu’il prépare une telle interdiction. Tous les partis traditionnels allemands sont prêts à soutenir une proposition législative visant à interdire aux enfants de moins de 14 ans d’utiliser les plateformes numériques. La même ligne de pensée et le même modus operandi partout.

Les partisans de l’interdiction des médias sociaux aux très jeunes utilisateurs sont conscients qu’il est extrêmement difficile d’appliquer réellement une telle mesure, comme ils le prétendent, sans violer les droits et libertés essentiels. Néanmoins, ils insistent sur le fait qu’elle doit être adoptée de toute urgence par voie législative.

Toute décision visant à limiter ou à restreindre la liberté d’expression sera accueillie avec une grande méfiance. Même si elle semble reposer sur les intentions les plus nobles et les plus bienveillantes. Il en va de même pour la protection de la santé mentale et physique des enfants. Aujourd’hui, nous constatons que la lutte contre la désinformation dans l’environnement numérique, longtemps proclamée, est en fait un combat acharné contre la liberté d’expression, et que la modération des contenus en ligne est un euphémisme pour désigner la censure.

Qui peut garantir que l’interdiction des médias sociaux aux enfants n’est pas une mesure draconienne de plus qui, au lieu de s’attaquer à la racine du mal, ne fera que renforcer le mal ?