Le plan Mattei occupe le devant de la scène alors que l’Italie approfondit son partenariat stratégique avec l’Union africaine
La Première ministre italienne Giorgia Meloni est arrivée à Addis-Abeba pour participer à la deuxième édition du sommet Italie-Afrique, un événement diplomatique majeur visant à renforcer les liens politiques, économiques et stratégiques entre l’Italie et le continent africain. Cette visite marque un tournant dans l’engagement renouvelé de Rome envers l’Afrique, avec un accent particulier sur l’ambitieux plan Mattei, l’initiative phare du gouvernement italien en matière de coopération et de développement.
Le sommet, qui se tiendra au Centre de convention d’Addis-Abeba, réunira d’éminents dirigeants africains et internationaux ainsi que des représentants d’institutions financières, d’entreprises et d’organisations de la société civile impliquées dans les projets du plan Mattei. Le Premier ministre Meloni devrait prononcer le discours d’ouverture, exposant la vision de l’Italie pour un cadre de partenariat fondé sur le respect mutuel, les intérêts partagés et la croissance durable.
Parmi les éminents participants figurent Mohammed Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine ; João Lourenço, président de l’Angola et président en exercice de l’Union africaine ; Abiy Ahmed, premier ministre éthiopien ; António Guterres, secrétaire général des Nations unies ; Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement ; et Anna Bjerde, de la Banque mondiale. Leur présence souligne la pertinence internationale du sommet et l’intérêt croissant pour une coopération structurée entre l’Europe et l’Afrique.
Au cœur des discussions se trouve le plan Mattei, nommé d’après Enrico Mattei, le fondateur visionnaire de l’entreprise publique italienne d’énergie ENI, qui s’est fait le champion des partenariats énergétiques équitables au milieu du XXe siècle. Ce plan vise à favoriser le développement dans des secteurs clés tels que l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, l’éducation et la gestion de l’eau. Il cherche à dépasser les modèles d’aide traditionnels en encourageant l’investissement, le renforcement des capacités locales et la résilience économique à long terme.
Quatorze pays africains sont actuellement impliqués dans le cadre du plan Mattei. Au cours du sommet, les dirigeants de ces nations partenaires prendront part à une première session de déclarations, partageant leurs points de vue sur les priorités et les progrès. Le débat sera ensuite ouvert à d’autres autorités invitées, créant ainsi une plateforme pour un dialogue plus large sur les défis et les opportunités auxquels le continent est confronté.
L’approche de l’Italie reflète un recalibrage stratégique de sa politique étrangère. L’Afrique est de plus en plus au cœur des considérations économiques et sécuritaires de l’Europe, qu’il s’agisse de la diversification énergétique, de la gestion des migrations ou de la résilience climatique. En se positionnant comme un partenaire fiable et respectueux, l’Italie vise à renforcer son rôle dans la région méditerranéenne et au-delà.
La participation de Mme Meloni ne s’arrête pas au sommet Italie-Afrique. Le lendemain, elle assistera à l’Assemblée annuelle des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine en tant qu’invitée d’honneur. Sa présence à la plus haute instance décisionnelle de l’Union africaine souligne l’intention de Rome de s’engager non seulement sur le plan bilatéral, mais aussi avec les institutions continentales.
La participation d’acteurs financiers majeurs tels que la Banque africaine de développement et la Banque mondiale montre qu’il est important de veiller à ce que les initiatives de développement soient soutenues par des mécanismes de financement durables. Il est prévu que leurs représentants clôturent les travaux du sommet, renforçant ainsi le lien entre la vision politique et la mise en œuvre économique.
La rencontre se terminera par un dîner d’État offert par le Premier ministre Abiy Ahmed en l’honneur du sommet Italie-Afrique et de l’assemblée de l’Union africaine. La dimension symbolique de l’événement reflète le rôle de l’Éthiopie en tant que capitale diplomatique de l’Afrique et siège de l’Union africaine.
Alors que les équilibres géopolitiques mondiaux se modifient, les partenariats entre l’Europe et l’Afrique prennent une importance renouvelée. Le sommet Italie-Afrique d’Addis-Abeba ne représente pas seulement un rendez-vous diplomatique, mais un test de la capacité de l’Italie à traduire une ambition stratégique en projets concrets. Pour le gouvernement de Meloni, le succès du plan Mattei servira probablement de référence pour l’ensemble de son programme de politique étrangère.
À Addis-Abeba, le message est clair : l’Italie cherche à ouvrir un nouveau chapitre dans ses relations avec l’Afrique, un chapitre fondé sur la coopération, la croissance partagée et la stabilité à long terme.