La relation entre les politiques de logement du gouvernement Meloni et les directives de l’Union européenne (en particulier la directive EPBD IV « Green Homes ») reflète deux visions différentes de la gestion immobilière : d’une part, la nécessité nationale de débloquer le marché, de simplifier les formalités administratives et de répondre à l’urgence du logement ; d’autre part, la volonté de l’UE de parvenir à la décarbonisation et à une efficacité énergétique rigoureuse.
- Le plan pour le logement et les mesures nationales (gouvernement Meloni)
La stratégie du gouvernement italien en matière de logement s’articule principalement autour de trois axes :
- Décret « Salva-Casa » (D.L. 69/2024) : destiné à remédier aux « non-conformités mineures en matière de construction » (cloisons déplacées, divergences formelles ou tolérances de construction). Il a contourné l’obligation stricte de « double conformité » pour les infractions mineures historiques, a introduit le consentement tacite (« silenzio-assenso ») pour de nombreuses procédures et a facilité les changements d’affectation, dans le but de débloquer les biens immobiliers bloqués par des obstacles administratifs et de les mettre sur les marchés de la vente et de la location.
- Piano Casa Italia : Ce programme est axé sur les logements sociaux (ERP) et les logements sociaux. Il vise à réhabiliter et à entretenir les logements sociaux inoccupés, à proposer des logements à des loyers abordables aux jeunes couples et aux familles à faibles revenus, ainsi qu’à simplifier les projets de régénération urbaine.
- Viabilité financière : L’approche comptable des finances publiques vise à limiter le recours à des mesures d’incitation généralisées et non remboursables financées par le budget de l’État (à la suite de l’expérience du « Superbonus »).
- Directives du Parlement européen (directive EPBD « Green Homes »)
La directive relative à la performance énergétique des bâtiments (EPBD IV), adoptée par le Parlement européen et le Conseil, fixe des objectifs contraignants pour la transition écologique des bâtiments :
- Réduction de la consommation : une baisse de la consommation moyenne d’énergie primaire du parc immobilier résidentiel de 16 % d’ici 2030 et de 20 à 22 % d’ici 2035 (par rapport aux niveaux de 2020).
- Bâtiments à zéro émission (ZEB) : Tous les nouveaux bâtiments devront être à zéro émission à compter du 1er janvier 2030 (à partir de 2028 pour les bâtiments publics).
- Suppression progressive des chaudières à gaz : suppression progressive des aides financières accordées aux systèmes fonctionnant aux combustibles fossiles et leur élimination progressive d’ici 2040.
- Analyse du cycle de vie (GWP) : Introduction de l’obligation de calculer les émissions totales de CO₂ liées aux matériaux et au processus de construction.
- Principaux points clés de la comparaison
- Coûts d’adaptation : Le parc immobilier italien date en grande partie d’avant 1990 et se situe principalement dans les classes de performance énergétique E, F ou G. Le gouvernement a fait part de ses inquiétudes quant à la faisabilité de délais trop serrés en l’absence d’un fonds de soutien européen adéquat.
- Transposition et planification : La directive européenne impose la présentation d’un plan national de rénovation. L’intégration des mesures d’austérité budgétaire, des dispositions du plan pour le logement et des objectifs de l’UE constitue un terrain d’expérimentation qui servira de base à l’élaboration des futurs décrets d’application et des nouvelles mesures d’incitation ciblées en matière de construction.
M. le professeur Giuseppe Arnone