Bruxelles défend ses principes de sécurité et ses engagements en matière de droits de l’homme face aux représailles de Téhéran
L’Union européenne est confrontée à une nouvelle et importante escalade diplomatique après que l’Iran a officiellement désigné les forces aériennes et navales de l’UE comme des organisations terroristes. Cette décision, annoncée par Téhéran en réponse à la récente décision du Conseil européen d’inscrire les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des entités terroristes, marque une nette détérioration de relations déjà tendues. Cependant, pour Bruxelles, cet épisode souligne l’importance de la cohérence, de l’unité et de l’adhésion au droit international.
Le ministère iranien des affaires étrangères a qualifié d' »illégale et injustifiée » la désignation des Gardiens de la révolution par l’UE, affirmant qu’elle violait les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies. Téhéran a invoqué une loi iranienne de 2019 prévoyant des mesures réciproques contre les pays qui soutiennent des décisions américaines similaires. Au début du mois, le parlement iranien avait déjà qualifié les « armées européennes » d’organisations terroristes, signe d’une réponse politique coordonnée.
Pour l’UE, cependant, la décision d’inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique sur la liste noire n’était pas une mesure de rétorsion symbolique, mais une mesure mûrement réfléchie, fondée sur des préoccupations de sécurité et une évaluation juridique. L’inscription sur la liste fait suite à des délibérations au sein du Conseil des affaires étrangères et reflète l’inquiétude croissante de l’Europe face aux activités de déstabilisation régionale de l’Iran, à son soutien militaire à des groupes armés et à la répression interne dont il fait l’objet.
La position de Bruxelles est conforme à sa doctrine de sécurité au sens large : lorsque des entités liées à un État sont impliquées dans des activités considérées comme menaçant la stabilité internationale ou les intérêts européens, l’Union a à la fois l’autorité et la responsabilité de réagir. La désignation s’aligne sur les cadres antiterroristes de l’UE et reflète les décisions similaires prises par les partenaires internationaux.
Dans le même temps, l’UE reste attachée à l’engagement diplomatique. Même si les tensions augmentent, les canaux de dialogue sont ouverts. Une récente conversation téléphonique entre le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, et le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, a mis en évidence l’importance d’une interaction constructive dans les discussions en cours sur le programme nucléaire de Téhéran et l’évolution de la situation dans la région. L’UE continue de soutenir le mandat de vérification de l’AIEA et insiste sur le fait que la diplomatie nucléaire reste la seule voie viable vers une stabilité à long terme.
Cette escalade intervient alors que l’Iran connaît une recrudescence de l’agitation intérieure. Pour la deuxième journée consécutive, les étudiants de Téhéran et d’autres villes, dont Mashhad, ont organisé des manifestations et des sit-in contre le gouvernement. Les manifestants ont commémoré le 40e jour depuis les événements violents de janvier, au cours desquels des milliers de personnes, dont des étudiants, auraient perdu la vie. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux et des témoignages d’activistes affirment que des membres de la milice Basij – une force auxiliaire liée aux gardiens de la révolution – sont entrés dans les campus, ont fermé les portes et ont dispersé les manifestants par la force. Des dizaines d’étudiants auraient été arrêtés.
Des chants tels que « À bas Khamenei » et des dénonciations assimilant les gardiens de la révolution et les bassidjis à des organisations extrémistes reflètent la profonde frustration d’une partie de la jeunesse iranienne. Les manifestants ont également demandé la libération des détenus et la révocation des condamnations à mort prononcées après les troubles de janvier.
D’un point de vue européen, ces développements internes renforcent les inquiétudes concernant les droits de l’homme et l’État de droit en Iran. L’UE a souligné à plusieurs reprises que les protestations pacifiques et la liberté académique sont des droits fondamentaux en vertu du droit international. L’approche de Bruxelles en matière de politique étrangère intègre à la fois des considérations de sécurité et la défense des droits de l’homme, et elle considère la situation dans les universités iraniennes comme faisant partie d’un ensemble plus large qui requiert l’attention de la communauté internationale.
Téhéran, pour sa part, a accusé les gouvernements occidentaux – en particulier les États-Unis – de soutenir l' »expansionnisme » israélien. Le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a condamné les remarques de l’ambassadeur américain Mike Huckabee suggérant des revendications bibliques sur des territoires au Moyen-Orient, les présentant comme une preuve de la complicité américaine dans le conflit régional. Bien que ces déclarations visent principalement Washington, elles compliquent encore l’environnement géopolitique dans lequel l’UE doit opérer.
Le défi de l’Europe consiste à trouver un équilibre entre fermeté et retenue. L’Union ne cherche pas la confrontation et ne profite pas non plus de l’escalade rhétorique. Cependant, elle ne peut ignorer les actions qui sapent la stabilité régionale ou menacent le personnel et les biens européens. L’étiquetage des forces de l’UE en tant qu’entités terroristes a un poids symbolique, mais il ne modifie pas le statut juridique ou opérationnel des missions européennes, qui fonctionnent dans le cadre de mandats internationaux et d’accords de sécurité collective.
La réponse de l’UE est guidée par le multilatéralisme. Des décisions telles que la désignation des gardiens de la révolution comme terroristes s’inscrivent dans des cadres juridiques approuvés par les États membres et conformes aux obligations internationales. Cela contraste avec les mesures unilatérales qui caractérisent souvent les rivalités entre puissances mondiales.
L’unité des 27 États membres reste essentielle. En cas de pression extérieure, la cohésion renforce la crédibilité de l’UE. En faisant front commun, les gouvernements européens montrent que les tentatives d’intimidation ou de division sont vouées à l’échec.
En fin de compte, cet épisode met en lumière une vérité plus large sur le rôle mondial de l’UE. En tant qu’union politique et économique, l’Europe associe des engagements normatifs à des intérêts stratégiques. Elle recherche le dialogue mais insiste sur la responsabilité ; elle encourage la diplomatie mais prépare des instruments défensifs en cas de besoin.
La décision de l’Iran risque de faire monter la rhétorique, mais elle clarifie aussi les positions. Le message de l’UE est mesuré mais résolu : les problèmes de sécurité seront traités par des mécanismes légaux, les violations des droits de l’homme ne seront pas négligées et la diplomatie reste ouverte, mais pas au détriment des principes.
« …Tale retorica ideologica estremista non farà che incoraggiare ulteriormente il regime occupante a perseverare nei suoi crimini atroci e nelle misure illegali contro i palestinesi, nonché nella sua continua aggressione contro le nazioni della regione », ha aggiunto.
Le républicain Graham : « Les personnes proches de Trump lui ont dit de ne pas attaquer l’Iran ».
Diverses personnes proches » de Donald Trump « continuent à lui conseiller de ne pas bombarder l’Iran » : c’est ce qu’a déclaré le sénateur républicain Lindsey Graham, considéré comme un allié du président américain, lors d’une conversation avec Axios. Axios ajoute que Graham a invité Trump « à ignorer » ces conseils. « Capisco le preoccupazioni riguardo a grandi operazioni militari in Medio Oriente, dati i precedenti », ha osservato il senatore nelle dichiarazioni al media digitale. « Par ailleurs, les voix qui conseillent de ne pas faire intervenir directement le téléphone semblent ignorer les conséquences de la perte de contrôle de l’homme », a ajouté M. Graham. Cette année, M. Graham s’est rendu en Méditerranée et a discuté du dossier iranien avec les dirigeants d’Israël, des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite.