fbpx

Pourquoi l’opération au Venezuela était légale et morale

Essais - janvier 31, 2026

Deux amis américains m’ont contacté pour critiquer mon soutien à la déclaration de Giorgia Meloni selon laquelle le président Trump avait raison sur le Venezuela et tort sur le Groenland. Ils affirment que Trump aurait dû demander le consentement du Congrès pour faire la guerre au Venezuela et qu’il a enfreint le droit international en envoyant une force militaire à Caracas pour récupérer Nicolas Maduro et son épouse, qui faisaient tous deux l’objet d’un mandat d’arrêt aux États-Unis. Leurs critiques m’ont incité à réfléchir à cette affaire.

Le secret, clé du succès

Tout d’abord, Trump n’a pas fait la guerre au Venezuela. Il n’avait donc pas besoin du consentement du Congrès. Son équipe était en train d’appréhender deux criminels et de les traduire en justice. Bien que le couple n’ait pas été condamné par un tribunal américain, les preuves contre eux sont accablantes. La clé du succès de cette opération a été son caractère strictement secret. Si le Congrès avait été informé à l’avance, une fuite aurait sans aucun doute conduit à son échec.

Maduro : Usurpateur et fraudeur électoral

Nicolas Maduro n’était pas le président légitime du Venezuela. Non seulement il avait quitté ses fonctions en devenant un tyran – comme l’auraient dit les philosophes médiévaux – mais il avait également perdu l’élection présidentielle de 2024. Il était clair pour tous les observateurs impartiaux que María Corina Machado (qui n’était pas autorisée à se présenter) était soutenue par une majorité d’électeurs. Maduro n’était donc pas seulement un usurpateur, mais aussi un fraudeur électoral, même si ce n’est pas la raison pour laquelle il a été appréhendé.

L’enlèvement d’Eichmann

La seconde objection, à savoir que Trump a enfreint le droit international, ne peut pas être éliminée aussi facilement. Lorsqu’une force militaire d’un pays A pénètre dans un pays B sans le consentement des autorités compétentes et s’empare d’une personne, qu’il s’agisse ou non d’un criminel notoire, il y a violation de la souveraineté du pays B. Le respect de la souveraineté nationale semble faire partie intégrante du droit international. Le respect de la souveraineté nationale semble faire partie intégrante du droit international.

Quelques précédents peuvent être utiles à cet égard. En 1960, l’État d’Israël a envoyé une équipe spéciale en Argentine. Ils ont enlevé le nazi allemand Adolf Eichmann, qui vivait dans ce pays sous un faux nom, et l’ont emmené en Israël. L’Argentine a protesté contre cette violation de sa souveraineté et le Conseil de sécurité des Nations unies a estimé qu’une telle violation de la souveraineté pouvait, si elle se répétait, menacer la paix. Israël et l’Argentine ont résolu l’affaire par une déclaration commune selon laquelle les deux États considéraient l’affaire comme close. L’Argentine reconnaît tacitement le droit d’Israël à juger Eichmann. Les tribunaux israéliens ont décidé que la manière éventuellement illégale dont Eichmann avait été appréhendé n’était pas importante pour le procès intenté contre lui, qui reposait sur sa participation à l’assassinat de millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ouganda et Panama

Deux autres cas doivent être rappelés. En 1976, des terroristes arabes ont détourné un avion à destination d’Israël et l’ont dirigé vers l’aéroport d’Entebbe, en Ouganda. Lors d’une opération audacieuse, une équipe israélienne a pris d’assaut l’aéroport et a sauvé les otages. Tous les terroristes et quelques soldats ougandais qui les aidaient ont été tués, mais un seul membre de l’équipe israélienne a été tué. Bien que le secrétaire général de l’ONU, Kurt Waldheim, ait accusé Israël d’avoir violé la souveraineté de l’Ouganda, l’opération a été largement saluée. En 1989, les forces militaires américaines ont envahi le Panama et appréhendé le dictateur Manuel Noriega, qui avait auparavant annulé une élection présidentielle et harcelé des citoyens américains.

L’acceptation est cruciale

Le raid d’Entebbe et l’invasion du Panama se distinguent des deux autres cas par le fait qu’ils ont été entrepris en état de légitime défense. Ce n’était évidemment pas le cas de Maduro, et encore moins celui d’Eichmann. Toutefois, la différence entre Eichmann et Maduro réside dans le fait qu’Eichmann a été jugé et condamné en vertu du droit international et non du droit israélien, alors que Maduro a été appréhendé et inculpé pour avoir enfreint le droit américain. Il est certainement problématique que les États-Unis puissent à leur guise appliquer leurs lois à des citoyens d’autres États relevant d’autres juridictions. Mais ce qui est crucial dans les deux cas, c’est que les représentants légitimes des deux pays dont la souveraineté a été violée, l’Argentine et le Venezuela, ont accepté la nécessité de traduire les deux criminels en justice. Mme Machado a le droit de parler au nom du Venezuela et elle a soutenu l’arrestation de M. Maduro.